De la Terre à la Une !

Souvent, les gens me demandent quelle terre j'uitlise pour mes créations. Quand je réponds du Grès, certains me disent " Ah, je croyais que c'était de l'argile !" ou encore "Ah bon, c'est de la pierre ? car le grès, c'est de la pierre, j'en suis sûr !".  Alors pour pouvoir mieux répondre à l'avenir, j'ai fait des recherches que je partage ici avec vous.

Tout commence avec l'érosion de la croûte terrestre... le broyage des roches par le mouvement de l'eau et des réactions chimiques vont libérer des particules fines qui en s'accumulant forme l'argile. Le mot "ARGILE" correspond donc à tous les types de terres utilisées pour la céramique. On va en retrouver un peu partout sur la planète mais selon les zones géographiques, la composition chimique de ces argiles va changer, d'où des noms différents (et des propriétés différentes aussi !).

Allez je me la joue scientifique ... voici quelques noms de composants de terres à céramique: la silice, l'alumine, les oxydes, la kaolin, le quarts, le feldspath et l'eau ! Bon, jusque là, ça va ... ça reste compréhensible ...

Il y a 3 grands types de terres à céramique : la Faïence, le Grès et la Porcelaine. Différentes au toucher mais aussi dans leur utilisation, elles vont aussi avoir des températures de cuisson différentes en fonction des utilisations que l'on souhaite en faire.

Le puriste vous dira:

         - Pour la Faïence, c'est un biscuitage basse température entre 1080 et 1120 °C, un émaillage pour rendre la pièce étanche et une seconde cuisson entre 1050 et 1150°C car sinon la faïence reste poreuse.

         - Pour le Grès, c'est un biscuitage haute température entre 1200 et 1300°C. Si on veut, on peut ajouter un émail haute température et recuire à 1200°C mais il n'y a pas beaucoup de couleurs possibles à  cette température mais du coups, la terre devient très résistante et imperméable ...

        - Pour la Porcelaine, c'est aussi de la haute température, entre 1260 et 1300°C, souvent en 2 cuissons. La porcelaine est reconnue pour sa blancheur et sa transparence.

Jusque là, vous suivez ?

Sauf, que ça c'est la théorie et pas la pratique. Pour le Raku, par exemple, la pièce doit rester poreuse après la seconde cuisson, pour pouvoir absorber le noir de fumée. Donc vous allez penser que je dois forcément utiliser de la Faïence ... et je pourrais ... je l'ai déjà fait ... mais non !

Ce que je préfère, c'est la texture du grès que mon fournisseur m'a conseillé. C'est avec lui que j'ai appris et que l'alchimie s'est faite. Alors oui, une rupture de stock m'a permis de tester une faïence, toute aussi réputée pour le Raku mais l) pas de coup de foudre ... Je ne pourrais pas l'expliquer comme pourquoi on préfère une eau minérale à une autre !

Il me reste un dernier point important à évoquer : c'est la chamotte !

Mais Kézako la chamotte ??? C'est de la terre cuite, finement broyée qui est réintégrée de façon homogène dans le même type de terre mais crue. Sa présence va renforcer la texture de la terre pendant le façonnage mais aussi lors de la cuisson, un peu comme les fers dans le béton ! C'est important pour la cuisson Raku et le choc thermique qui en résulte. Par contre, je déconseille la terre chamottée pour le travail au tour, ça serait comme un ponçage de la peau ... pas cool.

Vous en savez désormais autant que moi sur la terre des céramistes !

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